DIGITAL 00H : Avez-vous tenté votre chance ?
Le tirage DIGITAL 00H N°210 a livré son verdict !
Samedi 26 Septembre 2026
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RÉSULTAT : 18 • 68 • 05 • 39 • 24
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À Cotonou, les ouvrages d'assainissement destinés à drainer les eaux et à lutter contre les inondations connaissent un usage inattendu. Dans plusieurs bassins de rétention et exutoires aménagés dans la capitale économique du Bénin, certains individus les ont transformé en pêcheries. Une activité qui attire particulièrement des citoyens issus de milieux lacustres et qui y trouvent une source de revenus complémentaires.
Dans le cadre de sa mise en œuvre, le Programme d'assainissement pluvial de Cotonou (PAPC) a veillé à la préservation des écosystèmes qui prévalaient dans les zones humides dans lesquelles il a été réalisé. La présence de poissons dans certains bassins et plans d'eau a favorisé le développement de la pêche informelle. À pied, en pirogue ou installés aux abords des cours d'eau, les pêcheurs utilisent filets, hameçons et autres équipements pour capturer carpes, tilapias, silures et diverses autres espèces de poissons.
Parmi eux, Bienvenu pratique régulièrement cette activité. Revendeur d'essence de contrebande, il profite de ses moments libres pour se rendre dans les bassins de rétention. Pour lui, la pêche constitue surtout une activité secondaire qui lui permet d'améliorer ses revenus. « Comme vous voyez, il y a de l'eau. Et dedans, il y a beaucoup de poissons. On pêche le plus souvent des carpes, des tilapias, des silures noires et d'autres espèces un peu rares », explique-t-il. Une partie de ses prises est destinée à la consommation familiale, tandis que le reste est vendu.
Au niveau de l'exutoire situé près du CEG Le Nokoué, Athanase, Léon et Jacob pratiquent également cette activité. Munis d'un filet et positionnés au bord du courant d'eau, les trois jeunes hommes commencent généralement leur journée tôt le matin. « On commence le plus souvent à 6 heures et, déjà autour de midi, on finit. On trouve souvent le minimum pour nous nourrir et nourrir nos familles. Mais quand ça donne beaucoup, on en vend aux acheteurs, et cela nous procure un peu de revenu », raconte Léon.
Pour ces jeunes, la pêche ne relève pas uniquement d'une nécessité économique. Elle s'inscrit également dans une tradition héritée de leur milieu d'origine. « Originaires de milieux lacustres, on ne peut pas avoir un cours d'eau à côté et acheter encore du poisson. », explique Athanase.
La pêche dans les bassins devient ainsi un moyen de satisfaire, au moins en partie, les besoins alimentaires de leurs familles.
Pour Faustin, la pêche constitue même l'activité principale. Âgé d'une vingtaine d'années, il se rend quotidiennement dans les bassins, accompagné de son jeune frère Honoré. De 6 heures à midi, les deux frères consacrent leur matinée à la capture des poissons. « Avec ça, je parviens à me procurer le minimum », confie le jeune homme, qui compte sur cette activité pour subvenir à ses besoins quotidiens.
D'autres pêcheurs ont recours à des techniques différentes. A. K., par exemple, pratique la pêche à la ligne. Installé sur un matelas reno, il lance son hameçon dans l'eau et attend les prises. Une activité qui peut sembler modeste, mais qui lui permet également de gagner quelques revenus. « Il arrive que je vende un seul poisson capturé ici à 500 ou 1 000 francs CFA. Les petits sont plus nombreux, mais il y a aussi de gros poissons qu'on pêche. En une journée, je trouve le peu dont j'ai besoin », témoigne-t-il.
Ces bassins aménagés dans la ville pour la gestion des eaux pluviales sont devenus une pêcherie et une source de revenus pour certains citoyens, mais ils constituent aussi un danger pour les pêcheurs.
Par endroit, des panneaux indiquent l'interdiction de baignade et des activités de pêche et de chasse. Mais cela n'empêche pas ces pêcheurs occasionnels de mener leurs activités.
Par ailleurs, il y a des risques de santé pour la consommation de ces poissons pêchés dans ces eaux exposées aux déchets et autres sources de pollution.
F. A. A.